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Pendant la campagne présidentielle, François Hollande avait promis de mettre fin à l'enfermement des enfants en centre de rétention.

http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20120930.OBS4013/deux-enfants-afghans-enfermes-dans-un-centre-de-retention.html

Un couple afghan qui demande l'asile en France est enfermé depuis vendredi avec ses deux enfants au centre de rétention du Mesnil-Amelot en Seine-et-Marne, ont dénoncé dimanche 30 septembre plusieurs associations, rappelant que François Hollande s'était engagé à mettre fin à cette pratique.

La famille, qui a un enfant de trois ans et un nourrisson de 2 mois et demi, a été placée en rétention vendredi soir, et pourrait être renvoyée en Hongrie, leur point d'entrée présumé dans l'Union européenne, dès lundi matin, a indiqué Clémence Richard, coordinatrice de la Cimade.

Un recours contre leur rétention, alors qu'ils étaient jusqu'ici assignés à résidence au Mans dans la Sarthe, a été déposé devant le tribunal administratif de Melun. "Le souci c'est que ce recours n'est pas suspensif et il y a un vol prévu lundi matin très tôt donc ils risquent une expulsion sans aucune présentation devant un juge", a-t-elle regretté.

Selon elle, le médecin du centre de rétention a jugé leur état de santé "incompatible avec la rétention".

La France condamnée par la CEDH

La famille, qui devait pointer régulièrement au commissariat du Mans, a pris peur la semaine dernière quand elle a appris qu'elle serait renvoyée le lendemain vers la Hongrie, alors même qu'elle avait sollicité le préfet puis le ministère de l'Intérieur par écrit, pour que son cas soit examiné en France.

Ils ne s'étaient plus présentés aussi régulièrement, et ont été interpellés vendredi.

François Hollande avait promis pendant la campagne présidentielle de mettre fin à l'enfermement des enfants en centre de rétention, pratique pour laquelle la France avait été condamnée en janvier par la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH). Une circulaire en ce sens a été publiée le 6 juillet.

""Moi président, je n'enfermerai pas d'enfant dans les centres de rétention': qu'en est-il de l'engagement du président ?", s'est interrogé Yves Cottereau, vice-président de la Ligue des droits de l'homme dans la Sarthe.

Le Réseau Educations sans frontières a préféré ironiser: "tout est +normal+ dans cette affaire: le respect des engagements du président de la République, l'âge des enfants emprisonnés, le respect des préconisations médicales", a-t-il jugé dans un communiqué.

Le défenseur des droits Dominique Baudis a été saisi.