Créteil. Après 13 jours de procès pour des viols en réunion à huis clos, la justice a tranché : 4 condamnés à des peines en majorité avec sursis alors que le tribunal a reconnu les viols, 10 acquittés ! Justice ? Une des avocates des plaignantes parle de « naufrage judiciaire ». On parle aussi d'une instruction bâclée. Pourtant les faits ont eu lieu il y a 13 ans, les plaintes ont été déposées en 2005, largement le temps de mener correctement une instruction. Durant ce procès, selon leurs avocates , on a assisté au manque de reconnaissance de la parole des victimes. On a assisté aussi à des tentatives récurrentes de les faire passer pour folles, affabulatrices. L'une d'elle a été traitée de « grosse vache ». Banalité récurrente malheureusement.

Ce verdict atterrant témoigne de l'incapacité de la justice française à prendre en compte les récits des victimes de viols. Oui les viols brisent les femmes. Oui les viols provoquent des traumatismes durables si rien n'est fait. Oui ils provoquent des tentatives de suicide. Oui la parole des victimes est tronquée, parfois incohérente, hésitante, apeurée. Oui les victimes ne veulent pas de nouveau être confrontées aux violeurs tentant de se protéger ainsi de réminiscences mortifères. Toutes « modalités » totalement incompatibles avec la reconnaissance d'une parole aux Assises.

Et alors ? Dans le pays des Droits de l'Homme va-t-on encore continuer longtemps à se boucher les yeux, le nez et les oreilles devant 75 000 femmes violées par an ? Va-t-on encore longtemps refuser d'entamer des campagnes pérennes d'éducation auprès de l'opinion publique puisqu'il s'agit ici de jurés populaires. Va-ton encore longtemps proclamer, comme cela a été le cas lors du vote de la loi du 9 juillet 2010 sur les violence, que la formation des personnels coûte trop cher ?

Va t-on encore enfin longtemps tergiverser avant de se doter, comme l'a fait l'Espagne en 2004, d'une loi cadre contre les violences faites aux femmes qui propose une appréhension globale de ces violences. ?

Le Collectif national pour les Droits des Femmes organisera toutes les ripostes qu'il juge nécessaires après ce verdict.

UN RASSEMBLEMENT UNITAIRE EST EN PRÉPARATION LUNDI SOIR DEVANT LE MINISTÈRE DE LA JUSTICE : 18h30. Place Vendôme.