Lara JoVentre

08 août 2013


Interview de Thérèse Clerc 1/4 - « L’économie... par osezlefeminisme

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04 août 2013

Dixième anniversaire de la mort de Marie Trintignant, morte comme tant d’autres femmes sous les coups de l’homme qui disait l’aimer.

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20 juillet 2013

Sur le tarmac l'impossible justice éqitable

Lettre ouverte à Madame le Garde des Sceaux à propos de la délocalisation des audiences des juges des libertés et de la détention pour les étrangers

 

Cette lettre ouverte collective a été publiée le 18 juillet 2013 sur www.mediapart.fr sous le titre « Sur le tarmac, l’impossible justice équitable ».

Madame le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice,

 

Plusieurs ministres de l’Intérieur ont successivement tenté d’obtenir la « délocalisation » dans la zone aéroportuaire de Roissy Charles de Gaulle des audiences des juges des libertés et de la détention du tribunal de Bobigny chargés de statuer sur les demandes de maintien en zone d’attente des étrangers auxquels l’entrée sur notre territoire est refusée.

 

Il semble que Manuel Valls y soit parvenu puisqu’est annoncée pour décembre l’ouverture d’une salle d’audience construite à grands frais au bord des pistes de cet aéroport et jouxtant la « ZAPI 3 » où ces étrangers sont enfermés.

 

Est également annoncée l’ouverture, dès septembre, d’une salle d’audience située sur le site du centre de rétention du Mesnil-Amelot où les juges des libertés et de la détention du tribunal de Meaux statueraient sur les demandes de prolongation de la rétention des étrangers que l’administration se dispose à éloigner de notre territoire.

 

Vous ne pouvez, bien entendu, ignorer ni ces décisions ni les intenses préparatifs, incombant à votre administration, auxquels donne lieu l’organisation de cette justice d’exception applicable à des étrangers tenus pour indésirables.

 

Vous le pouvez d’autant moins que par un courrier en date du 17 mai - toujours sans réponse à ce jour malgré plusieurs interventions auprès de votre cabinet - nous sollicitions un entretien pour vous dire notre inquiétude de voir aboutir ces projets porteurs de graves dérives pour le fonctionnement de la justice.

 

Vous le pouvez d’autant moins que, depuis, une pétition demandant la fermeture de la salle d’audience de Roissy, avant même son inauguration, a déjà recueilli près de quatre mille signatures.

 

Vous le pouvez d’autant moins que le Conseil National des Barreaux a adopté à l’unanimité, le 6 juillet, une motion par laquelle il demande lui aussi fermement l’abandon de ce projet, auquel il manifeste sa plus ferme opposition.

 

Vous le pouvez d’autant moins que par un courrier du 20 juin, dont vous avez été destinataire en copie, Madame la présidente de la Commission nationale consultative des droits de l’Homme a fait valoir auprès du ministre de l’Intérieur que ces projets étaient notamment de nature à porter de graves atteintes au principe du procès équitable et lui a fait connaître son souhait que le gouvernement ne mette pas en place ces salles d’audience.

 

En dépit de ces alertes et de nos sollicitations vous n’avez jugé utile ni de nous recevoir ni de vous exprimer.

 

Ministre de la Justice, vous êtes garante des conditions dans lesquelles la justice est rendue dans notre pays et de leur conformité aux principes fondamentaux que tous les justiciables - nantis ou précaires, français ou étrangers - peuvent légitimement revendiquer.

 

C’est donc très solennellement que nous voulons vous redire :

 

  • que le transfert d’audiences spécialisées au sein d’une « zone d’attente » gérée par le ministère de l’Intérieur, dans laquelle ses services retiennent les personnes appelées à comparaître à la demande de cette même administration, ou pour le tribunal de grande instance de Meaux sur le site de rétention du Mesnil-Amelot, sont de nature à porter gravement atteinte à l’indépendance de la justice et à son impartialité ;

 

  • que la publicité des débats, dont vous savez qu’elle compte au nombre des exigences du procès équitable, ne sera pas assurée, compte tenu notamment de l’éloignement de ces annexes et de leur isolement, particulièrement difficiles d’accès pour les non-initiés et très mal desservies par les transports en commun.

 

  • enfin, que l’exercice des droits de la défense sera également gravement compromis, compte tenu des pertes de temps et des frais de déplacement qui seront imposés aux avocats, dont un grand nombre intervient au titre de l’aide juridictionnelle, avec une rétribution dérisoire.

 

  • A l’évidence, il ne serait pas responsable d’éluder plus longtemps ces objections de principe : les préoccupations gestionnaires du ministère de l’Intérieur ne permettent évidemment pas de les évacuer et elles ne peuvent être traitées au niveau des comités de pilotage installés à Bobigny et Meaux, exclusivement chargés de décider des conditions matérielles et administratives de fonctionnement de ces annexes judiciaires.

 

Nous ne pouvons nous résigner à penser que le silence assourdissant du ministre de la Justice et les atermoiements de son cabinet seront la seule réponse à l’appel qu’avec d’éminentes autorités et de nombreux citoyens nous vous adressons publiquement.

 

La décision d’ouvrir ces salles d’audience délocalisées, exclusivement dédiées à l’examen - en catimini et dans un environnement policier - du sort d’étrangers en situation de grande précarité juridique et psychologique, doit être réexaminée et il n’est pas douteux que cet examen conduise à son abandon, tant la justice qui serait ainsi rendue vous apparaîtra indigne au regard des standards européens et internationaux les plus fondamentaux.

 

Nous ne désespérons donc pas de vous rencontrer ou de vous entendre très rapidement et, dans cette attente, nous vous prions de croire, Madame le Garde des Sceaux, à l’assurance de notre haute considération.

 

Paris, le 18 juillet 2013

 

Organisations signataires :

 

  •     Avocats pour la défense des droits des étrangers (ADDE),
  •     Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers (Anafé),
  •     Groupe d’information et de soutien des immigré.e.s (GISTI),
  •     La Cimade,
  •     Ligue des droits de l’homme (LDH),
  •     Syndicat des avocats de France (SAF),
  •     Syndicat de la magistrature (SM),
  •     Union syndicale des magistrats administratifs (USMA)

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18 juillet 2013


La Cimade
 

 


Communiqué de presse - 15 juillet 2013

Droits bafoués lors d’évacuations de campements

Comme l’été dernier, le gouvernement a lancé la semaine dernière une vaste opération d’évacuation de campements et de squats dans des conditions portant gravement atteinte aux droits fondamentaux des personnes visées. Ces expulsions interviennent alors que le dernier semestre est marqué par un record d'évacuations forcées depuis 2010.

Pourtant, le 26 août 2012, une circulaire interministérielle relative à l’anticipation et l’accompagnement des opérations d’expulsions des campements illicites devait mettre un terme aux dérives antérieures et privilégier la concertation et l’intégration des personnes visées.

En mai 2013, le Défenseur des droits dressait un bilan démontrant que cette circulaire n’avait été que très partiellement appliquée. Il recommandait notamment au gouvernement de « préciser les notions d’urgence et de sécurité permettant de démanteler un campement sans mettre en œuvre les mesures de préparation et d’accompagnement préconisées afin qu’elles soient limitées à des cas exceptionnels et des faits d’une extrême gravité ». Le Collectif national Droits de l’homme Romeurope, dont La Cimade est membre, a pour sa part tiré la sonnette d’alarme le 26 juin dernier lors de la sortie de son rapport d’observatoire sur les politiques publiques mises en œuvre aujourd’hui en France.

Les opérations d’évacuation menées ces derniers jours à Lyon, Ris-Orangis, Deuil-la-Barre, Villeneuve d’Ascq et Angers ont conduit à de nouveaux abus. Le tout sur fond de discours politiques stigmatisants.

De nombreuses familles avec des enfants scolarisés ont ainsi été précarisées sans que des solutions plus constructives ne soient suffisamment recherchées.

Parmi elles, de nombreux citoyens européens, de nationalité roumaine, que l’on dit Roms, ont à nouveau fait les frais de cette politique. Quelques-unes de ces familles ont même été enfermées en centre de rétention puis expulsées de force en Roumanie, au mépris de notre législation et des droits garantis aux ressortissants européens.

Ainsi, après l’évacuation de leur lieu de vie, elles ont été enfermées dans des commissariats pendant une durée abusive. Prononcées dans la foulée, leurs mesures d’expulsion n’étaient pas légales. Aucun délai ne leur a été accordé pour leur permettre de quitter la France. Aucune alternative à leur enfermement en rétention n’a été examinée sérieusement avant de les priver de liberté à Rennes ou au Mesnil-Amelot.

Des familles ont même été séparées, à l’instar d’une jeune femme enfermée en rétention à Rennes alors que son mari subissait le même sort en région parisienne au Mesnil-Amelot.

A nouveau, la politique d’évacuation des campements s’est conjuguée à des expulsions en Roumanie. Venant ainsi ajouter quelques unités aux milliers de Roumains expulsés chaque année dans la continuité des politiques précédentes. En plus d’être discriminatoires, ces expulsions sont absurdes. Bénéficiant d’une liberté de circulation partout en Europe, ils pourront revenir en France, mais leurs efforts d’intégration auront été anéantis.

La Cimade demande au gouvernement de mettre en place une véritable politique d’accueil et d’intégration, plutôt que de continuer à expulser sans discernement et jusqu’à l’absurde les populations précaires, quelle que soit leur nationalité.

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14 juillet 2013

A l'heure où

mr collard déclare dans le midi libre qu'ils (le F-haine) prendront toutes les villes, souvenezvous d'Orange, Vitrolles etc. Leur gestion fut si calamiteuse que cetains la paye encore. Avant de peut-être vous laisser aller à une chasse au sorcière, souvenez-vous : Manouchian, ces 23 là de cette affiche là :

Manoukian

Et de cette chanson :

L'affiche rouge                   by Léo Ferré

Vous n´avez réclamé ni la gloire ni les larmes
Ni l´orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servis simplement de vos armes
La mort n´éblouit pas les yeux des Partisans

Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L´affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu´à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants

Nul ne semblait vous voir Français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l´heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents

Tout avait la couleur uniforme du givre
A la fin février pour vos derniers moments
Et c´est alors que l´un de vous dit calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand

Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses
Adieu la vie adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erevan

Un grand soleil d´hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le cœur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d´avoir un enfant

Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient le cœur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s´abattant

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09 juillet 2013

«Ils envoient leur conscience au bordel et tiennent leur contenance en règle» Michel de Montaigne

Une bonne analyse de la position du gouvernement français sur le traitement d'une possible demande d'asile du lanceur d'alerte Edward Snowden. Les éléments de droit qu'apportent Claire Rodier du GISTI et Gérard Sadick de La Cimade permettent de prendre la mesure de la veulerie de l'exécutif français. Les petits arrangements du Gvt français avec la Convention de Genève s'inscrivent dans la suite logique de l'épisode de l'avion du président colombien Evo Morales, dans lequel, outre qu'elle s'est couverte de ridicule, la France a surtout commis une violation grave du droit international (Convention de Vienne de 1961). A propos d'aéroplane, il est utile de rappeler que le parquet de Bobigny instruit toujours une plainte visant la collaboration de la France dans le programme de séquestration et de torture mise en place par la CIA dans les années 2000. Les autorités françaises avaient autorisé
l'usage des infrastructures aéroportuaires françaises par  les "centres de torture volant" de la CIA.

Le président de la Ligue des droits de l’homme, Pierre Tartakowsky, a interpeler le président de la république sur la situation d'Edward Snowden.


Christophe PERRIN

Snowden en France : les arguties du pouvoir pour dire «non»

 Par Louise Fessard et Carine Fouteau - Mediapart.fr

La France n’a pas donné suite, jeudi 4 juillet, à la demande d’asile du lanceur d’alerte Edward Snowden, qui a révélé l’existence d’un système de surveillance mondial mis en place par les services de renseignement britanniques et américains. La nouvelle est tombée vers 18 heures dans un communiqué lapidaire du ministère de l’intérieur français : « La France a reçu, comme beaucoup d’autres pays, par l’intermédiaire de son ambassade à Moscou, une demande d’asile de Edward Snowden. Compte tenu des éléments d’analyse juridique et de la situation de l’intéressé, il n’y sera pas donné suite. »

Le matin même, le ministre de l’intérieur Manuel Valls expliquait pourtant sur BFMTV/RMC ne pas avoir encore reçu cette demande. Selon le ministère de l'intérieur, elle est arrivée par fax – « sans expéditeur » – dans la matinée de jeudi à l’ambassade de France à Moscou. Le Monde décrit « un document d'une page dans lequel (Edward Snowden) évoque le sort de Bradley Manning et affirme qu'il ne pourra pas faire l'objet d'un procès équitable aux États-Unis ».

Devant la surprise créée par cette fin de non-recevoir express, le ministère de l’intérieur s'est livré dans la soirée de jeudi à une opération de déminage. Rappelant que pour effectuer une demande d’asile, l’intéressé doit se trouver sur le territoire français, à sa frontière ou dans une ambassade ou un consulat. Ce qui n’est pas le cas d’Edward Snowden, coincé depuis le 23 juin dans la zone de transit de l'aéroport de Moscou.

Edward
Snowden.Edward Snowden.© (Reuters)

Le fait d’être à l’étranger n’exclut pourtant pas d’office Edward Snowden de la procédure d’asile, contrairement à ce qu’avance le ministère. La France aurait pu lui délivrer un visa, via l’ambassade, lui permettant de venir en France pour y déposer sa demande en bonne et due forme. N’ayant plus de passeport, il aurait pu obtenir un laissez-passer.

Mais le ministère de l’intérieur n’a pas souhaité autoriser l’entrée du lanceur d’alerte sur le sol français, arguant d’une demande d’extradition des États-Unis envoyée à la France le 28 juin 2013, information contredite par le quai d'Orsay, où l'on assure que la demande n'a été reçue que le 4 juillet au matin sous forme de note verbale« Si Monsieur Snowden pénétrait sur le territoire français, il devrait être interpellé par la police judiciaire pour entamer une procédure d’extradition, donc il est logique de ne pas l’accueillir », tranche le ministère de l’intérieur. Qui martèle au passage que « les États-Unis sont une démocratie » et que « la justice y est indépendante ».

La demande d’asile n’a donc pas été rejetée, elle n’est tout simplement jamais arrivée jusqu’au bureau de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), compétent pour reconnaître la qualité de réfugié « à toute personne persécutée en raison de son action en faveur de la liberté »« L’Ofpra n’a pas été saisi car Edward Snowden n’était pas sur le territoire », indique le ministère de l’intérieur.

Juridiquement, l’argumentaire du ministère de l’intérieur est bancal. La justice américaine ayant délivré un mandat d’arrêt international à l’encontre de l’ancien consultant, ce dernier aurait effectivement été interpellé et placé sous écrou extraditionnel s’il avait posé le pied sur le sol français. Mais le ministère de l’intérieur omet de préciser que rien n’aurait alors empêché Edward Snowden de déposer une demande d’asile, qui aurait dû être examinée.

Autrement dit, la demande d’extradition et le dépôt d’une demande d’asile ne sont pas incompatibles, comme l’indique Gérard Sadik, spécialiste du droit d’asile à la Cimade, qui rappelle le cas d’un ministre géorgien qui s’est retrouvé dans cette situation.

Être né aux États-Unis n’est en aucun cas non plus un motif pour écarter un dossier. « Il existe des Américains réfugiés en France, et inversement », souligne Gérard Sadik. Selon lui, le cas d’Edward Snowden relève aussi bien de la convention de Genève sur les réfugiés que de la Constitution française. La convention du 28 juillet 1951 s’applique à « toute personne qui (…) craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut, ou du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays ». L’asile constitutionnel est lui inscrit dans les constitutions successives de la France, notamment celle de 1793 qui prévoit que la protection est accordée aux « étrangers bannis de leur patrie pour la cause de la liberté ».

La procédure d’asile en tant que telle suppose un examen approfondi par l’Ofpra, qui en l’occurrence n’a pas eu lieu (le délai moyen d’examen est de plusieurs mois). Mais le gouvernement français, au nom de la souveraineté de l’État, aurait pu lui garantir une forme de protection hors procédure, comme cela a été le cas précédemment, par exemple pour des membres des Brigades rouges sous la présidence de François Mitterrand. En 1986, l’ex-dictateur haïtien Jean-Claude Duvalier, qui avait vu sa demande d’asile rejetée aux États-Unis, a été autorisé à atterrir en France, où il a vécu jusqu’en 2011.

«La décision de la rejeter d’emblée est donc totalement politique»

Edward Snowden est poursuivi par les États-Unis pour divulgation non-autorisée d'information relevant de la défense nationale, divulgation de renseignements classifiés à une personne non autorisée et vol de matériel appartenant au gouvernement. Ces faits ne sont pas passibles de la peine capitale aux États-Unis. Mais le consultant de l’Agence américaine de sécurité nationale (NSA) risque tout de même une peine de trente ans de prison pour avoir révélé un programme de surveillance des communications mondiales.

« Juridiquement, sa demande n’est pas fantaisiste. Y compris s’il ne risque pas la peine de mort, il pourrait être considéré comme réfugié en raison de ses opinions politiques ou comme “combattant de la liberté” », insiste le juriste de la Cimade. Claire Rodier, au Groupe d'information et de soutien des immigrés (Gisti), est du même avis. « Techniquement, sa demande aurait eu une chance d’aboutir, la décision de la rejeter d’emblée est donc totalement politique », analyse-t-elle. Gérard Sadik s’interroge même sur la légalité de ce choix : « La demande n’a semble-t-il pas été examinée. Est-ce que la Constitution n’oblige pas à le faire ? »

Les problèmes juridiques invoqués par le ministère de l’intérieur cachent manifestement des considérations politiques et diplomatiques. Dès jeudi matin, Manuel Valls, interrogé par Jean-Jacques Bourdin sur RMC, s’était dit « pas très favorable » à ce que la France accueille Edward Snowden, alors même que, précisait-il, sa demande ne lui était pas parvenue. Il avait opportunément rappelé les « conventions » ainsi que les « relations » entre la France et les États-Unis.

« Même si aujourd’hui nous demandons des explications sur ces informations concernant l’espionnage dont un certain nombre de pays, dont le nôtre, auraient fait l’objet de la part des services américains, c’est un pays ami, avait-il expliqué. Nous sommes aujourd’hui le 4 juillet, c’est la fête nationale des États-Unis. Je me rendrai moi-même à l’ambassade des États-Unis aujourd’hui. »

Manuel Valls rentre à peine d’un voyage de 72 heures outre-Atlantique, où il a rencontré, selon l’AFP, la secrétaire américaine à la sécurité intérieure Janet Napolitano, le ministre de la justice Eric Holder et le directeur du FBI Robert Mueller, pour évoquer la situation en matière de terrorisme et de sécurité. « Nous parlons de lutte commune contre le terrorisme », a-t-il rappelé. Le 2 juillet, la France, ainsi que plusieurs pays européens, avaient déjà refusé le survol de son espace à l’avion du président bolivien Evo Morales, suspectant la présence à bord d’Edward Snowden.

Plusieurs voix se sont élevées pour demander à la France de l’accueillir. Pierre Tartakowsky, président de la Ligue des droits de l’homme, s’est ainsi adressé à François Hollande. Le lanceur d’alerte, selon lui, est « légitime à penser qu’il ne bénéficierait pas d’une justice sereine et équitable sur le territoire des États-Unis qu’il a préféré quitter ». « Il est aujourd’hui demandeur d’asile, comme défenseur des droits et lanceur d’alerte. La France s’honorerait en lui offrant l’accueil qu’il mérite à ce double titre », assure-t-il.

Il rappelle que Juan Ernesto Mendez, le rapporteur spécial de l'ONU sur la torture, a récemment déclaré, concernant le soldat Bradley Manning, soupçonné d'avoir été l'informateur de Wikileaks, qu’il avait subi un « traitement cruel » en étant tenu à l'isolement pendant des mois au cours de sa détention préventive aux États-Unis.

Selon le site WikiLeaks, l'ancien consultant de la NSA aurait déposé vingt et une demandes d'asile (voir l'infographie de L'Express). Aucun pays n'a pour l'instant répondu favorablement à sa requête, la plupart se réfugiant, eux aussi, derrière des problèmes d'ordre juridique.

URL source: http://www.mediapart.fr/journal/international/050713/snowden-en-france-les-arguties-du-pouvoir-pour-dire-non

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01 juin 2013

Quand les femmes ne se laissent pas faire

"Le chanteur Orelsan vient d'être condamné par le tribunal correctionnel de Paris à 1000 euros d'amende avec sursis pour injure et provocation à la violence à l'égard des femmes. Il était poursuivi par des associations féministes ( Chiennes de garde, Collectif féministe contre le viol, Femmes solidaires, Fédération nationale Solidarité Femmes, Planning familial).

Même si l'amende n'est pas bien lourde et est prononcée avec sursis, c'est la première fois qu'un tribunal condamne pour ce motif et le Collectif national pour les Droits des Femmes se félicite de cette ouverture. En juin dernier, Orelsan avait été relaxé par le même tribunal correctionnel au nom de la liberté de création alors qu'il était poursuivi par « Ni putes, ni soumises » pour provocation au crime

Les paroles d'Orelsan sont de véritables provocations aux violences contre les femmes : "mais ferme ta gueule ou tu vas t'faire marie-trintigner" ou «Je te quitterai dès que je trouverai une chienne avec un meilleur pédigree». Il est temps enfin que les tribunaux en France considèrent effectivement comme des délits les incitations aux violences faites aux femmes comme ils le font, à juste titre évidemment, pour les incitations aux violences racistes ou antisémites."

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22 mai 2013

Nous savions déjà que certains hommes n'avaient qu'une paire de coui***s entre les oreilles

mais nous ne nous attendions pas à une si brillante démonstration !
Rendez-vous jeudi à 16h30 pour dire NON à ceux qui voudraient chosifier des femmes pour vendre : " Les Galeries Lafayette inaugurent le 21 mai un nouveau concept « Glam et sexy » : le lancement de leur nouveau rayon lingerie. Celui ci s'accompagne d'animations mettant en scène des mannequins dénudées portant la signalétique du magasin tatoué sur leurs corps, postées aux portes d'entrée et aux abords des escalators ; d'autres mannequins jouent les fausses clientes et tombent leur manteau pour continuer leurs achats en string et soutien gorge. L'après midi sera ponctué par des strip-tease.

Surfant sur la vague du "porno chic", ces animations nous rappellent les défilés de mode mettant en scène des mannequins en situation de prostitution.

Ces femmes sont des salariées contraintes de s'exposer dans le cadre de leur travail. C'est une atteinte à leur dignité et une mise en danger.

La direction des Galeries Lafayette exploite le corps des femmes pour mener une opération de communication afin d'augmenter ses ventes. Le corps des femmes n'est pas une marchandise !

80 % des salariéEs des Galeries Lafayette sont des femmes. Le secteur du commerce est particulièrement touché par les bas salaires, les horaires atypiques et la précarité.

Alertées par les syndicats CGT, CFDT et FO, nous appelons à se rassembler le 23 mai de 16h30 à 19h devant les Galeries Lafayette ( angle rue de Mogador et du Bd Haussmann Mo : Chaussée d'Antin) pour exiger l'arrêt immédiat de ces animations .

Premières signataires : Collectif national pour les Droits des Femmes, CADAC,les Chiennes de Garde, la CLEF, les efFRONTé-e-s, Fédération Nationale Solidarité Femmes, Féminisme Enjeux, Femmes égalité, Femmes pour le dire, femmes pour agir, Femmes solidaires,FIT, une femme, un toit, Groupe pour la Reconnaissance en Droit des Féminicides, Ligue du droit international des femmes, Osez le Féminisme. "

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La France construit sa politique anti-roms sur des cadavres

Source : copie du blog du 15 Mai de Philippe Alain dans Médiapart (on y trouve malheureusement une grosse erreur : le  Ministre de l'intérieur ne peut (pour le moment mais on doit s'attendre à tout avec ce gouvernement) être le ministre de tutelle du Garde des Sceaux.


La France construit sa politique anti-roms sur des cadavres
15 mai 2013 Par philippe alain

Depuis lundi 13 mai 2013, la politique de stigmatisation menée par le gouvernement français contre les roms ne se chiffre plus seulement en nombre de reconduites à la frontière ou en nombre de destruction de bidonvilles. Elle se chiffre désormais en nombre de cadavres. Beni, un garçon de 12 ans, ainsi que 2 femmes, Pamela et Patrina sont morts, brûlés vifs, dans l’incendie de l’immeuble dans lequel ils vivaient à Lyon depuis 8 mois.

Il y a quelques jours, en prévision d’une expulsion à venir, la mairie de Lyon, dirigée par le très socialiste Gérard Collomb coupe l’électricité, tenez-vous bien, pour des raisons de sécurité… Les squatteurs ont osé se brancher sur un distributeur de courant et monsieur Collomb craint probablement que des enfants s’électrocutent. Bien lui en a pris, personne n’est mort électrocuté. Il oublie juste que les Roms sont comme nous, ils ont besoin de lumière. (1) Faute de courant, ils s’éclairent donc à la bougie et trois d’entre eux en sont morts.

Quelques heures après l’incendie, alors que les pompiers travaillent toujours sur les lieux du sinistre et que de nombreux journalistes sont présents, les familles se regroupent sur la place voisine. C’est toute la communauté rom de Lyon qui vient présenter ses condoléances aux familles endeuillées. Un peu plus tard dans la matinée, des hommes en noir affublés d’oreillettes blanches descendent de grosses berlines. Les journalistes quittent la place et le bruit commence à courir que Manuel Valls arrive sur les lieux du drame. Dans la confusion la plus totale et en évitant soigneusement les familles, Manuel Valls, Ministre de l’intérieur, Christine Taubira, Ministre de la Justice, Gérard Collomb, maire de Lyon, Jean-François Carenco, Préfet de la région Rhône-Alpes vont se présenter devant le bâtiment qui fume encore.

Pas une de ces personnalités qui représentent les plus hautes institutions de la République et élevées dans le sérail des grandes écoles françaises où on n’enseigne visiblement pas la politesse la plus élémentaire, ne va venir présenter ses condoléances aux familles qui attendent à quelques mètres. Les roms sont-ils dangereux ? Manuel Valls aurait-il peur de femmes et d’enfants tétanisés par la douleur ? Un geste, une parole, un simple regard d’un ministre pour dire aux familles que la République Française s’incline devant leur douleur ? Non, rien, rien de rien. Roms vous êtes, roms vous resterez. Au contraire, Valls, oubliant la souffrance dans laquelle sont plongées les familles endeuillées va réaffirmer le leitmotiv de sa pré-campagne présidentielle qui est également devenu le fondement de la politique du gouvernement français contre la minorité rom: « Il faut poursuivre le travail de démantèlement et d’évacuation des campements », « comme l’a si bien commencé Nicolas Sarkozy » aurait-il pu ajouter. Aucune pudeur, aucune retenue. Alors qu’il a sous les yeux le résultat de plusieurs années d’expulsions à répétition, il répète inlassablement les mêmes paroles et promet la même politique qui est responsable de la mort de 3 personnes. Valls tient absolument à continuer la chasse aux femmes, aux enfants, aux vieillards. Il tient absolument à les condamner à vivre dans des endroits de plus en plus dangereux quitte à ce qu’ils en meurent.
 
Madame Taubira, qu’on a connu plus inspirée se contente d’approuver les propos de son ministre de tutelle, comme si elle n’avait plus aucun rôle politique et humain à jouer après sa loi sur le mariage homosexuel.
Au moment de repartir, Valls se fait interpeller par un homme. Le ministre refuse de parler à un père et une mère qui sont submergés par la douleur d’avoir perdu un fils, mais il n’hésite pas à venir serrer la main d’un riverain qui demande  l’expulsion des familles depuis des mois. Le voisin se plaint de vivre dans des « conditions épouvantables », abandonné de tous (rassurez-vous, il n’a jamais mis les pieds dans le squat, il parle seulement de la vue depuis son balcon). Valls vient le saluer et tenter de répondre à ses critiques. Alors que la discussion s’engage et que les journalistes commencent à enregistrer l’échange, monsieur Carenco, préfet de région, visiblement surexcité repousse violemment plusieurs d’entre eux afin d’éviter une médiatisation des propos le mettant en cause.

Carenco. Préfet sous Sarkozy, préfet sous Hollande. Préfet pour toujours ? On garde les mêmes pour appliquer la même politique raciste de stigmatisation des étrangers. A Lyon, on gaze les enfants roms (2) on les parque dans des classes ghetto (3) et on met en garde-à-vue des bébés (4). En revanche on n’applique pas la circulaire interministérielle censée apporter d’autres solutions que les expulsions. Carenco sera-t-il aussi préfet sous Le Pen ? « Le préfet de région a une grande part de responsabilité… Sur le terrain les expulsions se poursuivent malgré la circulaire du 26 août 2012 » accuse le sénateur Guy Fischer.
 
Dans l’après-midi, alors que journalistes et politiques sont partis, les proches des victimes attendent que les pompiers sortent les corps du bâtiment. L’ambiance sur la place est lourde. L’odeur âcre de la fumée fait mal à la gorge. Certains espèrent toujours et demandent désespérément s’il est possible qu’il y ait encore des survivants : « Il ne sont peut-être pas morts… ». Alors que la grande échelle s’approche d’une fenêtre afin de permettre à un pompier de prendre des photos, plusieurs dizaines de personnes s’approchent du bâtiment en criant le nom de l’enfant: « Béni, Béni » Face à ce mouvement de foule, un policier bien formé à l’école de Valls se fait menaçant et sort de son gilet une bouteille de gaz lacrymogène histoire de montrer aux femmes et aux enfants de quel bois il se chauffe. Pendant plusieurs heures, les familles sont totalement abandonnées à leur sort. Une femme perd connaissance plusieurs fois. La police municipale, à quelques mètres reste les bras croisés. Il n’y a aucun médecin, aucun psychologue, aucun soutien.

Mardi matin, alors que les corps calcinés de Beni, Pamela et Patrina viennent à peine d’être sortis des décombres fumants de l’immeuble, le préfet Carenco ordonne l’expulsion d’un nouveau squat. Une trentaine de personnes dont 15 enfants sont jetées à la rue, sans aucune proposition d’hébergement. Elles dormiront dans la rue, avec des enfants en bas âge, dans les conditions d’insécurité que l’on peut facilement imaginer, avant de retrouver un autre squat, probablement encore plus dangereux et insalubre. Valls nous expliquera à nouveau qu’il faut les expulser pour leur plus grand bien. Voilà une preuve de plus du discours mensonger du ministre qui, quelques heures auparavant, soulignait qu’il fallait poursuivre les expulsions tout en proposant des « solutions dignes ». Pour Valls, la rue est plus digne que le cimetière. Je n’en suis pas sûr.
 
L’extrême droite à de beaux jours devant elle. Après Sarkozy, elle peut compter sur Hollande, Valls et les socialistes pour tenir le même discours de haine contre les étrangers et appliquer la même politique discriminatoire et hors la loi contre les roms. La France profonde applaudit, l’Union Européenne, par son silence est complice. Marine Le Pen se frotte les mains. Manuel Valls, lui, ne pense qu’aux présidentielles. Le fait que son chemin soit désormais parsemé de cadavres ne le perturbe pas un seul instant. « Il faut continuer le travail » ose-t-il dire.
 
Mardi soir, la préfecture du Rhône fait savoir que les expulsions vont s’accélérer dans les jours à venir. La chasse aux Roms est ouverte. La campagne des municipales également.»

 1) http://www.mediapart.fr/journal/france/130513/les-roms-sont-comme-nous-ils-ont-besoin-de-lumiere

(2) http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-alain/120113/la-police-gaze-des-enfants-et-saccage-un-camp-de-roms
(3) http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-alain/260113/une-classe-reservee-aux-enfants-roms-dans-un-poste-de-police
(4) http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-alain/050113/un-bebe-en-garde-vue-accuse-d-avoir-mendie

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19 mai 2013

Loi d'Amnistie ... comme à un enterrement

Source : http://www.jean-luc-melenchon.fr/2013/05/18/a-cannes-je-festivale-en-rouge/

....... Dehors je retrouve Martine Billard, qui m’y avait précédé, après avoir passé la matinée dans la tribune parlementaire. Elle est aussi secouée que moi. Elle va et vient dans les rangs. Les gens lui parlent. Les uns les autres exposent des cas de répression disproportionnée. Mais tout le monde est grave. On se congratule avec gravité, on se dit merci les uns aux autres. Tout d’un coup je me dis qu’on est ici comme à un enterrement. Oui, quelque chose est mort ce matin c’est certain. J’ai du mal à nommer ce dont il s’agit. Comme un lien qui nous reliait à d’autres et dont on sait qu’elle vient de se déchirer sans doute pour toujours. Il n’y aura ni nom ni visage pour incarner cette forfaiture morale totale. L’amnistie sociale c’était le minimum de ce qui pouvait être fait en retour de dix ans de luttes et de résistance sociale durement criminalisée par les gouvernements de droite. L’indignité sera menée jusqu’à son terme quand le soir même le président de la République mettra un signe égal entre les casseurs des Champs-Elysées et les militants syndicalistes condamnés.

 

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